Plaisir de comprendre

L’amour étouffe la haine : témoignage de Madame Catherine S. (Lyon)

« Je pense être une personne affectueuse qui aime partager et vivre dans la paix. D’un tempérament assez anxieux je fais tout mon possible pour éviter les conflits. Je trouve insupportable de me réveiller le matin en sachant que Madame X, ou Monsieur Y, tel commerce ou telle administration (…) ont de l’animosité à mon égard. Alors j’encaisse pas mal ! Non pas par lâcheté : à quoi peut me servir l’orgueil si je me sens mal ?, mais plutôt par calcul. Par sagesse.

J’ai appris à ne pas répondre à l’offense par l’agressivité –et pire par une vexation plus grande encore, pour me venger en humiliant. Parfois la surprise de l’attaque ne me permet pas de contenir entièrement mon indignation et de modérer-réguler mon comportement. En tout cas, je sens bien qu’à ce moment là  le danger ne réside pas dans ce que l’on me dit ou me fait, mais plutôt dans la manière dont je vais réagir.          

😮 Quand le démon utilise des personnes pour déstabiliser un-e ou des enfant-s de Dieu, il tente surtout de les diviser à tout jamais, de pourrir leur relation et de créer des haines durables. Il veut détruire les cœurs, éloigner les âmes du soutien du Père Éternel, instaurer son règne du dégoût et de la peur, …, pour empoisonner la vie de tous. Ça l’amuse, me direz-vous ! À chacun ses plaisirs, mais ce ne sont pas les miens ! Certains me disent  :  « Moi en tout cas, quand on me cherche on me trouve :  je ne me laisse pas faire ! » Et à tout moment ils se sentent outragés : ils s’énervent, ils jugent mal, et ils insultent, et ils se vengent, rancuniers à vie,  … c’est sans fin ! Pour ces infatigables du verbiage et de l’effervescence, tous les prétextes semblent être bons pour être pénibles.

Mais voyons, bien sûr « ils se laissent faire », puisqu’ils permettent aux mauvaises entités extérieures qui les agressent  de venir se connecter avec leurs démons qui les tourmentent en alimentant leur orgueil et leur impatience.  Avez-vous déjà vu des colériques satisfaits et heureux ?  Il se crée ainsi un sacré club d’antipathiques ! Par l’expérience, j’ai appris.  Je suis désormais consciente que tout ce que je vais dire par colère et par orgueil pendant les moments critiques est sujet à me retomber fatalement dessus … et pour longtemps. La haine est le pétrole qui avive le feu la violence. Désormais, pendant ces situations délicates ma réaction se résume à observer les évènements  tout en tentant de réprimer le plus possible mes émotions virulentes, quitte à souffrir patiemment dans le silence de mon cœur. Le but ? DEMEURER NEUTRE. Je réagis après, à sang froid. À savoir : celui qui s’énerve est toujours le fautif. Vous aurez plus de chance de gagner gain de cause si vous considérez la situation calmement ; en vous en détachant. On devient ainsi  spectateur et non acteur de la scène.                                                   

Attention !  Si je me confie à quelqu’un  j’évite d’aborder ceux qui sont proches des personnes en question pour ne pas répandre des discours désagréables qui vont revenir à leurs oreilles. Si je blesse l’amour-propre de ceux qui m’offensent, ils riposteront. J’engagerai alors un effet boule de neige et la situation de conflit si affligeante ne sera jamais résolue. Et puis, je suis peut-être capable de pardonner. Mais eux ? Mmmm !> doute.


disputeUn exemple tout simple : Il y a quelques jours en sortant de chez moi mon voisin retraité se trouvait dans le couloir en petite culotte. Il déposait soigneusement des encombrants poussiéreux et volumineux dans le corridor. Souriante, je lui dis bonjour gentiment. Il me répondit d’un ton supérieur d’altesse outragée.

Sa bouche se mit à déverser un fleuve  de reproches. L’hostilité se déployait dans son regard, son ton de voix et son vocabulaire J’étais comme quelqu’un qui a reçu un gros coup sur la tête. Sous le choc ! J’ai vite compris qu’il était impossible de le raisonner. Après un énergique « Bonne journée !  » je suis partie. La fuite !

Alors que faire ! ? Vivre dans la terreur dans mon immeuble ? Me plier à tous les caprices de gens qui prétendent faire ce qu’ils veulent, mais qui désirent vous contrôler ? J‘étais effrayée, haineuse, dégoutée, … je tremblais… je ne comprenais pas.


Ma pensée refuge a été « Vite ! L’église »       

Assise devant le tabernacle où réside Jésus Crucifié – le calice avec l’hostie  lire)  j’ai récité mon chapelet. J’implorais la Très Sainte Vierge Marie de me couvrir de son manteau béni et de bien vouloir envoyer en moi et autour de moi ses Saints anges pour y retirer tout mal .                                                                                                            

J’ai aussi supplié son tendre Fils Jésus, le Verbe de Dieu le Père, de venir me prendre dans ses bras bénis et de couper en moi tout lien malsain qui m’attachent  avec la famille X  (mes voisins hostiles) ;  au moyen des esprits de colère, de peur, de ressentiment, d’orgueil,  de méchanceté (…). Attaches funestes que je refuse absolument.

Je les ai également suppliés de venir bénir la famille X qui me pose tant de problèmes, afin que ses membres soient libérés de tout le mal qui réside en eux et dans leur maison. Le PARDON est un moyen pour couper – supprimer tous liens avec les esprit mauvais ; les miens mais aussi ceux que les autres peuvent avoir tissés envers moi. Cette prière me vint à l’esprit :

Eglise - church

« Seigneur Jésus, Vierge Marie, Sainte Reine des anges, veuillez tendrement bénir mon logement ainsi que tout mon voisinage. Ô Père des cieux, ne me laisse jamais douter de ta Toute-Puissance, et permets-moi de vivre sereinement, sans discorde, sans animosité, le cœur en paix, dans ta paix, pour que je puisse être la douce et sainte  Catherine (mettre son nom) que tu désires que je sois. Que ma volonté soit la tienne puisque je m’offre à toi sans réserve afin que tu puisses résoudre tous les conflits présents et à venir à ta manière, qui est toujours la meilleure.

  Je me glisse avec délice dans ta volonté, ô mon Seigneur, car mon unique désir est de déployer ton amour dans mon cœur et  autour de moi. Mon tendre Père comment puis-je accomplir ton dessein sur moi si je vis dans mon quotidien des situation insupportables ? Tu le sais, mon cœur et ma santé n’y résisteront pas. Je t’en prie mon Dieu, mon Tout, accepte d’agir sur mon cœur afin que mes sentiments soient les tiens, que mes pensées soient les tiennent. Épure-les de toute animosité, colère, imprudence, imagination infertile, affolement, peur, et nourris-moi de ta foi, sagesse, patience, calme, sérénité, bienveillance, (…) Mon Père Éternel, accorde-moi je t’en prie, la force de supporter chaque difficulté que tu voudras bien m’imposer, et fasse que je les surmonte comme toi-même tu le ferais. Ainsi soit-il ! »

>> À Lire : Prière pour demander la libération de tout lien psychique mauvais


Après la récitation du chapelet et autres prières, j’étais déjà soulagée, consolée, libérée. La vivacité des émotions nocives s’était adoucie. La peur de recroiser ces  »adorables » voisins dans le couloir s’était prodigieusement atténuée. Je continuais ces prières dans le secret de mon cœur durant la journée, puis les journées suivantes afin que le souvenir des troubles passés ne ressurgisse pas. Je confessais mes faiblesses à un prêtre de ma connaissance. À la messe, j’offrais à Jésus crucifié mon refus de vivre dans la colère et dans la peur en lui demandant de m’éclairer sur la marche à suivre. Il m’est arrivé d’insister de la sorte pendant plusieurs jours pour des situations très difficiles. Cela peut durer plus pour les rancoeurs ancrées depuis plus longtemps.

Mais le plus souvent, au plus tard deux trois jours après, le cœur apaisé reconnecte avec l’Amour. Pensez à tous ceux qui souffrent un mal immense en trainant des rancœurs qui rongent leur vie pendant des nuits, des mois et des années !  . . . Et en attendant les difficultés s’enveniment, les esprits fermentent,  favorisant de la sorte de nouvelles déceptions et motifs de rancune de part et d’autre.

Le succès de cette démarche repose sur ma confiance absolue en Dieu. Je sais que le Tout-Puissant m’observe  24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il attend patiemment que je le sollicite. Il est présent à chaque instant à mes côtés et souhaite que j’en prenne conscience. « Jésus je sais que je ne suis pas  capable de m’en sortir sans toi. S’il te plait, viens, mon Souverain Bien. Chasse de moi et autour de moi tout esprit  d’orgueil, et viens, je t’en prie, désembrouiller cette situation ! Jésus, J’ai confiance en toiPour ce faire, je dois accepter de détourner mes pensées de mes tourments.  Puis survient la manifestation du miracle de l’Amour sur mon quotidien ; la dédramatisation des faits, le sentiment de sécurité et l’apaisement. J’ai enfin compris : Dieu n’apparaîtra peut être pas physiquement dans mon salon pour me tirer  les oreilles, me féliciter ou me consoler, mais il démêlera mes situations les plus difficiles,  …  si je m’abandonne à sa très Sainte volonté qui est d’accepter de vivre dans l’amour, éloignée de tout sentiment  d’irritation et d’hostilité .

>> À lire Saint Pierre : Ne rendez pas mal pour mal


Une fois l’émotion de discorde dissoute, c’est physique ! J’ai l’agréable sensation d’avoir vaincu quelque chose de plus grand qu’un ridicule conflit terrestre. Je ressens alors une sorte de ravissement et il me semble avoir franchi un cap, reçu une grâce divine. Plus intime avec Dieu, j’ai grandi en force et en bonté. Protégée par Celui en qui j’ai déposé toute ma confiance, j’ai, dans ces moments-là, l’intime conviction que rien ne peut m’arriver de mal.  Ma vie peut continuer et je suis à nouveau en mesure de construire du bien, du beau et du bon ! Comme par enchantement, quand mon cœur est parfaitement épuré de tout sentiment d’aigreur, quand j’ai accepté de pardonner, la crainte disparait. Je reçois le pardon de Dieu et ressens sa joie de l’avoir écouté et obéi.                                                                                                              

En fait, je n’ai rien ni personne à juger, Dieu seul s’en occupe ! Il me suffit de continuer mon chemin en aimant, sereine et heureuse. J’en ai fini de vivre dans la crainte et la provocation. Mais quel soulagement ! La volonté de Dieu, unie à la mienne qui désire lui plaire, a sectionné tout lien d’animosité avec les personnes que j’ai bénies par sa grâce. Le Malin ne peut donc plus agir pour continuer à me nuire.  Le mauvais est désarmé pour cette situation et Dieu m’a rapprochée de Lui.

J’ai depuis lors recroisé ces voisins dans les escaliers et sur le parking ;  ils me regardent comme-ci comme- ça, mais mon cœur dénué de sentiment  d’animosité leur sourit avec tendresse comme si de rien n’était. Du moment que je suis en paix avec moi-même et avec mon généreux Créateur … finalement, … leur caractère, leur problème non ?!

Le temps fait que souvent quand on n’a pas rendu la haine pour la haine, les gens finissent par oublier pourquoi ils se sont fâchés avec nous. On peut alors les retrouver là où on ne les attend pas ; dans l’amitié !

Dieu est grand ! N’en doutez jamais !

partage - share

Paix aux hommes de bonne volonté


 

> À lire (suite) : Comprendre le rôle 1er du soutien de Dieu dans ma démarche de pacification

>> À lire (suite) : Le pardon

 


 

. Images Pixabay : de haut en bas > desimawell , Mary1826, Nickelbabe, Sergeitokmakov

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *