Le bonheur

1- Bonheur ? Joie ? Désirs et Plaisirs ?

« On peut apprécier le bonheur d’un homme
en observant celui de ses proches. »
C. D. Haguet

Tout d’abord réfléchissons. Peut on se contenter d’un bonheur de finit comme la ‘’conséquence d’une succession de circonstances favorables conduisant à la prospérité ’’? L’ étymologie du mot bonheur, du latin bonus + heur , suggère que la chance favorable, la bonne fortune, peut apporter de la satisfaction.

Mais le mot bonheur, sa représentation mentale, semble suggérer un sens plus profond : celui d’un état de contentement permanent qui n’est pas en sursis.
Le bonheur ne serait donc pas dépendant d’évènements heureux ou malheureux ?

La richesse, les plaisirs sensoriels, la santé, la reconnaissance sociale, …, sont des biens.
On peut les posséder, ou pas. Ils peuvent nous apporter de la joie, nous être agréables, mais leur jouissance est limitée dans l’espace temps ; c’est leur côté artificiel.


“ … le bonheur ne consiste point dans des instants isolés d’énergie, de volupté ou d’oubli. Le bonheur est  une succession presque continue, et durable comme nos jours, de cet heureux concours de paix et d’activité, de cette harmonie douce et austère qui est la vie du sage …”

  Senancour, Rêveries, 1799, p. 91


Mais alors pourquoi tant compter ces artifices pour me rendre pleinement heureux ? Si ces biens sont utiles et rassurants, leur côté éphémère m’inquiète. On sait que leur perte peut nous conduire à la peur, à la colère et même au désespoir. De surcroît leur sauvegarde peut éveiller en moi une férocité insoupçonnée et ceci juqu’à me rendre injuste. Leur défense peut me conduire à des décisions inacceptables.
Alors je m’interroge ! Est-il alors si raisonnable de poursuivre ces profits et bénéfices en priorité ? Est-ce que mes désirs incontrôlés, fruits d’une imagination plus ou moins dérèglée par l’influence d’une éducation entretenue déficiente en sens moral, ou par l’implantation d’idéaux sociaux extravagants, … , peuvent m’épanouir ?
Dois-je apprendre à faire un tri dans mes appétits et à discerner ce qui est essentiel de ce qui est malvenu ?


   » Tout est permis  » ; mais tout n’est pas profitable.
   » Tout est permis  » ; mais tout n’ édifie pas.    

  1 Corinthiens 10:23


Si j’arrive à assouvir mes envies de possession et à émoustiller mes sens, mes plaisirs provoqueront une excitation étourdissante qui peut me satisfaire sur le moment, faire illusion et me sembler nécessaire pour relâcher la pression du quotidien. Mais, si ces plaisirs ne sont ni justes ni bien fondés, leurs conséquences seront-elles heureuses ? Ou bien viendront-ils, en contrecoup, troubler ma paix intérieure ?

En fait quelles sont mes priorités ? Accumuler des biens, peupler ma vie d’émotions extrêmes, quel qu’en soit le coût pour moi et pour autrui ?


« Il n’y a pas de bien à se faire du mal »
C. D. Haguet


Ou bien est-ce que je me décide enfin à me soumettre au règne pacifique de la tranquillité des émotions ? Le bonheur n’est-il pas de vivre honnêtement, le corps reposé, à l’abris de l’agitation de la violence des sentiments qui troublent l’âme ? C’est de cette façon seulement que je me prémunis contre ce qui divise ; en évitant toute forme de méchancetés, comme le mensonge, les vices, la perversité , les haines intestinales, … avec des remords en prime.

Le bonheur, enfant de la vertu semble se trouvera la croisée des chemins, là où la raison nous dicte de faire un choix sain, de faire la part de choses, entre ce qui nous parait bon- notre jouissance personnelle, la compétitivité sociale -, et notre engagement envers Dieu,- son Esprit d’Amour (L’Esprit-Saint) – logé dans notre corps, dans  celui des autres et dans notre société.

Oui, le bonheur est une conquête pour la liberté : celle d’un refus de nos dépendances, et d’une discipline de vie épanouissante. Ne voyez-vous pas en lui tout simplement un geste de tendresse envers soi-même qui conduit chaque humain à agir conformément à sa nature aimante ? En s’attachant à son moi affectueux, l’homme décent et sage soulage son cœur du poids de son humanité défaillante. De ce fait, il libère de son âme des vertus inexplorées qui lui permettent de s’élever harmonieusement en accord avec lui-même et son entourage.


La plénitude de l’Amour de Dieu se lit sur son visage, sur nos visages empreints de bonté. Ici le Christ du Saint Suaire.

RAPPEL ! Nous avons tous été créés à l’image de Dieu : Genèse 1-27

À l’abri de mes désordres, je n’instrumentalise pas mon prochain. Je le reconnais comme un frère ou une sœur, et confiant je recherche son visage, sa personne, pour l’honorer en tant qu’être humain. L’autre n’est pas une chose, et j’apprends a vraiment l’aimer; je l’accueille puisqu’il fait parti de La Vie. Comme toi, comme moi, il conserve en son cœur une parcelle de l’infini Amour du Créateur Universel.

Quand avec bienveillance je découvre ses traits j’en devient responsable, et en acceptant cette responsabilité je réalise mon mérite. User de patience pour développer et offrir cet amour me permet de grandir en dignité , de mieux m’accepter moi-même, et enfin de consentir a mon existence pour mieux l’offrir a Dieu.

A l’opposé , faire de ma vie une recherche constante de biens personnels à surprotéger, me cacher, vivre aigre et soupçonneux dans la défiance en cherchant à me réaliser dans la matérialité, éloigné de l’autre et des activités de partage, signifie consentir à devenir l’acteur de ma propre destruction. Croyez-moi, c’est ainsi que se sont détruites les grandes civilisations.

>> À Lire : Comment disparaissent les civilisations – Roger-Pol Droit (rpdroit.com) 

Les civilisations meurent-elles du dehors ou du dedans? (…) Arnold Toynbee, au siècle dernier, était catégorique : « Les civilisations meurent par suicide et non par meurtre. » Cette formule de l’historien britannique, auteur d’une monumentale étude de l’Histoire en douze volumes, parus de 1934 à 1961, est devenue célèbre. L’académicien français René Grousset, dans son Bilan de l’Histoire, publié en 1946, développa la même idée : une civilisation se détruit « de ses propres mains »

>> À Lire : Message du Père Paul-Laurent

⇒ Réfléchir sur la notion du désir chez Madame Bovary de Flaubert.https;//Textes sur le désir : Rousseau, Saint Augustin, Flaubert – PhiloStjo (lewebpedagogique.com)

  •  « Le désir, c’est le désir inconscient de l’Autre. Cet Autre, comme lieu de déploiement de la parole, est aussi lieu du manque à être. »

>> À Lire : https://Madame Bovary ou le désir insatisfait de l’hystérique | Cairn.info

  •  « Ainsi l’objet de son désir, Rodolphe, n’est qu’un prétexte pour désirer. Ce qu’elle aime réellement c’est le désir (pour madame Bovary) » … « Le désir est donc essentiellement démesure, son objet par excellence est l’infini. Saint Augustin est passé d’une infinité d’objets à un désir de l’infini (Dieu). »
    « Le désespoir, c’est la honte qui prends forme. » C. Haguet


« Et puis il y a plaisir à agir selon sa nature. L’homme rationnel a des potentialités qu’il est heureux d’épanouir. Il ressent du plaisir en agissant bien. La vertu se mêle au plaisir pour se renforcer l’un, l’autre et le bonheur devient une activité qui apporte un plaisir constant. Ce caractère constant du bonheur qui ne peut venir que de nous même. »   

Auteur inconnu


« Le bonheur a une dimension idéale Divine. »

Auteur inconnu

Paix aux hommes de bonne volonté

Jésus nous dit : 

• « En tout homme, il y a des forces bonnes et des forces qui ne le sont pas.
La Sagesse parle à l’homme tout entier, mais ils sont peu nombreux les hommesqui savent vouloir faire régner une seule partie, celle qui est bonne. » (1)

• « Dans l’amour de Dieu, tu trouveras tout frein contre le Mal. Dans l’amour du prochain, tu auras une aide contre l’accablement et la solitude » (2)

• « De même que vous savez venir à Moi pour que soit enlevé à vos chairs malades le joug de l’infirmité , ainsi sachez venir à moi pour que soit enlevé à votre esprit le joug du péché et du paganisme. Tous, vous devriez me demander en premier lieu, et désirer de toutes vos forces, d’être délivrés de ce qui rend votre esprit esclave de forces mauvaises qui le dominent. Vous devirez vouloir d’abord cette libération, vouloir come premier miracle le Royaume de Dieu en vous. » (3)

◊ Références  1-2-3 extraites du livre de  Maria Valtorta, L’Evangile tel qu’il m’a été révélé, volume 7, p.462- 489 -501, Edition Centro Editoriale Valtortiano.

> À lire : Le conte des deux loups, légende Amérindienne                                                

>> Suite de l’article – À lire le bonheur dossier 2 : mes émotions et leur évolution-les comprendre

  • Images: en tête- Pixabay- Sergeitokmakof, dans le texte photo du Christ libre de droit- carte religieuse de https://francais-et-chretiens.home.blog/

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